Le masque africain, de l’objet de culte à l’objet d’art

Pour ceux qui ont déjà sillonné quelques pays du continent africain, vous serez d’accord pour dire que vous avez toujours croisé un masque sur votre chemin, que ce soit dans une boutique artisanale locale, ou accroché à un mur d’un restaurant ou chez l’habitant en objet de décoration… et pour les plus aventureux peut-être en avez-vous déjà croisé dans un contexte plus mystique.

Historiquement un objet de culte

Il est intéressant de noter que le masque africain est rarement figuratif et cherche très peu à reproduire des expressions humaines ; son rôle essentiel est d’être un intermédiaire entre les hommes et les dieux, et un objet de culte ; l’objectif n’est donc pas qu’il soit représentatif.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe des milliers de cultures sur le continent, sachez donc que chaque masque est rattaché à une culture, une civilisation. Il peut incarner une divinité, un ancêtre, un esprit, etc. Raison pour laquelle certains son traités comme des humains notamment lorsqu’il s’agit de masques rituels, on les nourrit par des offrandes et ils possèdent leurs sanctuaires personnels.

Le masque africain peut avoir des fonctions très variées, qui vont être garantes de sa valeur. En effet la culture africaine accordera infiniment plus de valeur à la dimension rituelle et sacramentelle de l’objet d’art qu’à sa dimension esthétique. Un système de valorisation bien différent de ceux de nos critères occidentaux.

  • La fonction culturelle : les guerriers masqués interviennent régulièrement au cours de cérémonies d’initiation ou de deuil ; et font partie inhérente de la cérémonie dans des fonctions très codifiées. Selon les ethnies, ils peuvent par exemple présider la circoncision, ou intervenir dans une optique purement initiatique afin de révéler aux jeunes guerriers les secrets de leur tribu.
  • La fonction ésotérique : véritable objet sacré à part entière, le masque africain sert d’intermédiaire entre les hommes et les dieux, et il est prié comme tel. II permet d’accorder aux hommes des avantages certains : temps favorable pour les moissons, bon déroulement des semailles …
  • La fonction politique : les sorciers interrogent le masque africain pour connaitre l’opinion des dieux sur les décisions à prendre en cas de conflit avec une autre ethnie ; la décision qui en ressort, souvent demandée en dernier recours, sera suivie quoi qu’il advienne.
  • La fonction festive et sociale : c’est une fonction beaucoup plus occupée par les masques de nos jours, qui prend le pas sur sa dimension sacrée. Il sert à animer des danses rituelles et à se récréer dans une atmosphère festive. Les danses masquées annoncent généralement l’ouverture de fêtes.

L’Objet d’art

L’ art africain reflète la richesse de l’histoire, de la philosophie, de la religion, des mythes, des cultures des sociétés de ce vaste continent. Le masque africain est désormais considéré comme de l’art plastique, désormais des artistes plasticiens en façonnent pour le plaisir de la création et de l’esthétique.

Une réflexion au sujet de « Le masque africain, de l’objet de culte à l’objet d’art »

  • 25 septembre 2020 à 21 h 19 min
    Permalink

    merci pour cet enseignement, je regarderai les masques d’un oeil nouveau à partir de maintenant

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *